samedi 29 novembre 2008

Les lapins auront notre peau !

Salut mon vieux,

Ouais, l'heure est grave, le temps est venu pour moi de te dévoiler un truc d'une importance colossale : les lapins auront notre peau, mec.

Alors voilà. Il faut que je me fasse discrète parce qu'on me surveille.
Je connais un lapin, tout ce qu'il y a de plus lapin, qui en fait n'en est pas vraiment un. Enfin quand tu le vois, il a tout l'air d'un lapin, mais il est bien plus qu'un vulgaire petit lapin. C'est un conspirateur, un manipulateur, un Bonaparte en lagomorphe. Il fait toujours semblant d'être stupide et con, gentil et drôle, mais bête, toujours. Du coup, toi, gentil humain que tu es, un peu naïf aussi faut dire, tu fais quoi ? Tu te marres en le voyant, parce que c'est vrai, il est attachant. Et puis la soirée se passe, tu discutes avec tes amis. Et là le lapin traîne un peu autour de vous, il vous regarde de ses yeux doux, gambade entre vos pieds et repart manger du foin. Sauf que pendant que tu parles avec tes potes et que le lapin fait son cinéma, vous n'y voyez que du feu, mais il enregistre tout. Il comprend tout, on dirait pas comme ça, il cache bien son jeu.
Une fois qu'il a recueilli des infos intéressantes, il disparaît, il va dans sa planque et c'est là que tout se gâte.
Il s'installe à son ordinateur transparent, met son casque tout aussi transparent et transmet toutes les infos recueillies à ses potes lapins sur un rabbit-server super puissant, à l'abri de tous les regards, y compris les plus expérimentés comme le mien. Il transmet tout ça, et élabore des plans d'extermination des humains à coups de carottes géantes, sur un point d'acuponcture qu'il a lui-même découvert à l'occasion.
Ça, c'est sa part à lui. Mais il a des tas de complices. De toutes les espèces, c'est ça le plus flippant. Par exemple, je sais que le chat d'un ami est complice. Son bras droit, le deuxième pilier de son organisation, est un rat. Et j'en passe.
Méfie-toi des lapins, ils en savent bien plus que nous sur tout. D'ailleurs ce lapin sait tout. Quand je parle de lui, il guette tel un hibou sur sa branche (les hiboux sont complices aussi d'ailleurs ! De bons indic's la nuit, et secrets comme des tombes), et si je parle trop de lui, ou que je divulgue une info trop compromettante, il mange les fils de mon ordinateur. Il est toujours situé près de la prise de courant, ce qui lui assure une rapidité foudroyante... Il mange aussi mes courriers importants, les antennes de mes radios, mes livres qui pourraient m'éclairer sur ses plans, comme "Animal farm", mes câbles Ethernet...
Même une lapinette ne peut pas le distraire, il est tellement schizophrène que rien ne peut l'arrêter.
J'écris ça parce que personne ne veut me croire, au moins maintenant on pourra pas dire que j'avais pas prévenu.

vendredi 28 novembre 2008

Les gens sympa

Salut mon pote ! :)

Tu connais des gens sympa ? Tu les aimes bien hein ?
Ben je vais te raconter un truc, qui va te faire les aimer encore plus.

C'est quoi, un gens sympa ?

Selon moi, c'est quelqu'un qui est sympa. C'est à dire qu'il est sympa quoi, il est gentil, il est aimable, agréable à côtoyer, et même (!) pour le gens vraiment très sympa : serviable, concerné par autrui, et parfois drôle.
Tu en rencontres souvent des gens sympa ? Perso, je crois en rencontrer pas mal. Mais en réalité, ils ne sont peut-être pas si sympa que ça. Allez disons que t'en connais... je sais pas, deux cents. Sur les deux cents, ne te leurre pas, y'en a à peu près la moitié qui ne sont sympa que quand ils ont besoin de toi. Sur les cent qui restent, t'en as grosso merdo quatre-vingts qui sont sympa tout le temps, mais juste parce que ça fait bien. Et dans les vingt qui restent, ça devient intéressant :
- tu en as quinze qui sont sympa presque tout le temps, sauf quand ils font la gueule, ou qu'ils ont des soucis. Ceci dit ça arrive à tout le monde d'aller moins bien que d'habitude, mais faudrait que tu te rappelles que tout le monde n'en est pas forcément responsable, donc ce serait 'ach'ment cool si tu pouvais garder ta tronche de cake pour les seuls coupables :) Ou encore mieux, et efficace dans une majorité écrasante de cas : fais-toi la gueule à toi-même.
- tu en as cinq qui ne sont pas sympa tout le temps du tout, mais c'est ceux-là les plus intéressants. En effet, quelqu'un de toujours sympa c'est louche, parce que tu ne peux pas être toujours de bon poil, toujours agréable avec tout le monde. Donc le gens qui tire la gueule régulièrement, garde le précieusement, c'est le type de personne qui est encore capable de tirer la tête qui va avec son humeur... Et c'est super rare ! Ce gens là, crois moi, il est bourré de qualités : il est à l'écoute de lui-même et de ce que lui disent ses emmerdes, il est honnête (en tous cas suffisamment pour te dire qu'il ne va pas bien et qu'il ne faut pas le chercher quand il tire cette tête), il est sensible, puisqu'il est capable de se mettre dans de sales états, il n'est donc pas indifférent. Il est aussi généreux, car en général quand il va mieux après avoir envoyé paître tout le monde, il s'en veut d'avoir été aussi désagréable avec des innocents et tente de se racheter par tous les moyens qui existent, et parfois au delà de la mesure de ses moyens...

Bref, encore une fois, je ne le répéterai jamais assez : ne te fie pas aux apparences, et fonce vers les gens qui font la gueule, tu verras ils seront les premiers à te manifester un vrai intérêt.

samedi 22 novembre 2008

Les bisous

Salut l'ami !
Les bisous, c'est universel. L'autre soir on se demandait avec l'ami pourquoi on fait autant de bisous, et paradoxalement, pourquoi c'est si tabou.
Bisous, tu le dis tout le temps : à la fin d'une conversation téléphonique, principalement. Comme si prononcer le mot pouvait amener la sensation du bisou sur les joues de ton interlocuteur. C'est l'intention qui compte, mais quand-même...
Tu l'écris aussi beaucoup à la fin de tes courriers, papier ou électroniques, comme pour dire au revoir. Parce que in real laïfe, tu fais des bisous quand tu quittes quelqu'un. Je parle de tes amis là.

Mais finalement, pourquoi fais-tu autant de bisous ?

"On se fait la bise ?" est maintenant assimilé comme une politesse amicale, c'est comme ça que tu dis bonjour aux gens maintenant. Ou tu leur serres la main. Pourquoi tu leur serrerais pas la bouche ? Tu te vois, arriver au boulot et serrer la bouche de ton/ta boss ?
Ce serait pourtant sympa, imagine ! T'aurais même plus besoin de dire à ton/ta boss ou à tes collègues que tu les trouves moches, et qu'en plus ils puent de la gueule, suffirait juste de pas leur dire bonjour ! Cela dit ça rendrait bien service, et à tout le monde (pour l'halitose) ! Pis a contrario, c'est une super façon de dévoiler ses pulsions refoulées à son entourage. Au risque de se prendre une grosse beigne aussi.
Sinon avec ton amoureu(x)se, vous vous faites des bisous aussi. Mais là c'est pas pareil, parce que c'est pas le bisou genre "bonjour ça va ?" c'est des bisous plus significatifs. Et alors là, avec mon ami toujours, on s'est dit que les bisous mous c'était super naze. Quelle horreur quand ton amour te fait un bisou mou !! Quand on te fait un bisou, tu es en droit de t'attendre à un minimum d'enthousiasme ! Pas à cette passivité lymphatique, presque comateuse, de la bouche inerte et flasque, comme une coquillette trop cuite ! Et pourtant... Si, j'te jure ça existe !
Bref, du coup on en a conclu que ce serait cool si on pouvait avoir des cours de smacks au collège.

Avis aux amateurs : les bisous mous c'est de la merde !

lundi 17 novembre 2008

Coeur d'artichaut

-:- Expression
« Avoir un coeur d'artichaut »

-:- Signification
Tomber facilement et souvent amoureux.

-:- Origine
Le coeur désigne ici le centre du végétal, le fond d'artichaut duquel se détachent de nombreuses feuilles, une pour chaque personne présente, tout comme quelqu'un qui a un coeur d'artichaut donne un peu d' amour à chaque personne qui lui semble digne d'intérêt.

Cette expression qui date de la fin du XIXe siècle vient de la forme proverbiale "coeur d'artichaut, une feuille pour tout le monde".

mardi 11 novembre 2008

Le gavage

L'Humain est constitué de tout un tas d'organes (poumons, rate, cœur, glotte, etc.), qui tous ont une fonction bien déterminée. Or, pour les Oies, le foie Humain a pour seule fonction d'être tartiné sur des carrés de pain de mie à l'occasion des repas de fête (un peu à la manière des ovules d'Humaines chez les Esturgeons, j'y reviendrai plus tard). Mais pour que ce foie soit tartinable, il doit être riche et crémeux à souhait.
La méthode employée par les Oies pour obtenir ce qu'elles nomment du "foie gras" consiste à gaver l'Humain, c'est-à-dire à le nourrir sans commune mesure avec ses besoins physiologiques. Intubé au moyen d'un entonnoir, l'Humain est rempli à ras bord de substances nutritives, jusqu'à ce qu'il ressemble à un petit Américain élevé au régime pop-corn - ice cream - hot-dog - sitcom - coca-cola. Lorsqu'il a atteint ce stade d'épanouissement maximal du tour-de-taille, il ne reste qu'à prélever son foie rendu savamment malade et à le servir frappé, accompagné d'un Sauternes doré et onctueux. Un raffinement culinaire qui ne masque en rien l'abomination de cette pratique.

Ceci est un communiqué de la SPH.

lundi 10 novembre 2008

La ville, la forêt et la mer

Salut !

T'habites en ville ou en campagne ? Moi j'habite en ville, je vis pas au milieu des ploucs !
La campagne c'est nul, y'a rien, y'a que des vaches et des cochons ! J'suis pas un animal ! La campagne c'est pour les animaux :)

Alors qu'on se mette d'accord : tu es un animal, de l'embranchement des vertébrés, de la classe des mammifères, de l'ordre des primates, du sous-ordre des anthropoïdes, de la famille des hominidés, du genre Homo et de l'espèce homo sapiens.
C'est pas parce que tu marches sur deux pieds au lieu de quatre que t'es plus grand que les autres. Excuse mais j'avais juste envie de le rappeler, tu peux lire la suite :)

L'homme a conçu des villes, des entassements de logements comme ça, pour gagner de la place ou du temps ou je ne sais quoi. Il s'est dit que de mettre des lumières et des sols tout gris ça ferait beau. Soit.
Ensuite il a décidé que tout le monde devrait trouver ça génial, alors il a décidé de mettre plein de trucs qui sont soi-disant utiles dedans, en particulier des choses qu'on peut acheter. Si tu regardes bien, souvent tu n'en as pas besoin, c'est à dire que si tu ne l'achètes pas tu ne vas pas mourir, mais ça fait rien, tu l'achètes. Soit.
Ensuite, si tu considères que tu n'as pas besoin de la plupart des choses que tu achètes, que se passe-t-il ? Eh bien tu cherches une utilité à ces choses. Et si ce n'est pas toi qui le fais (c'est le cas la plupart du temps), ne t'inquiète pas d'autres s'en chargeront à ta place. Mais revenons à nos moutons. La ville, c'est super, en ville il y a tout : le cinéma, des magasins, des bars, du goudron, des lampadaires, et même des arrêts de bus. Il y a aussi de quoi se loger, des grandes barres morcelées en plein de cases. Bizarrement il n'y a pas beaucoup d'arbres. Mais ça fait rien ! Puisqu'il y a tout le reste ;)
Ce que je reproche à la ville, c'est qu'elle te coupe complètement de toi-même, elle te stérilise dans ses murs... C'est sûr, elle t'offre de jolies couleurs... Mais il y en a d'encore plus belles dans le ciel, si tant est que tu n'as pas oublié ce que c'est...

J'aimerais bien que tu ailles dormir une nuit dans une forêt. Quand tu fais ça, tu te réveilles le matin tout émerveillé, et tu comprends qui tu es, où tu es, avec qui et quoi tu es. Il n'y a pas plus riche source d'inspiration que le silence de la nuit, en plein milieu d'une forêt, sans caravane ou toile de tente ou je ne sais quoi, rien, juste un duvet. La forêt chante, elle se réveille la nuit... Elle murmure, elle se réchauffe et commence à travailler.
Si tu n'as pas de forêt à proximité, je te propose encore mieux : tu vas dormir une nuit sur une plage. Mais pas une plage artificielle hein, une vraie plage, où il n'y a pas d'escaliers pour y descendre, où il n'y a pas de bar-tabac 100m au dessus du sable. Tu prends ton duvet, tu t'allonges et tu écoutes la mer ronronner. Elle est un peu comme la forêt, mais elle est plus bavarde encore, elle n'a de cesse de te bercer, de caresser tes oreilles, comme une plume qui te chatouille, comme une mélodie que tu écouterais en boucle.

La plus belle chose que je te souhaite, si tu tentes un jour l'expérience, c'est de ne pas réussir à dormir et de t'imaginer que la mer cette nuit là montera plus haut que prévu et t'engloutira à jamais dans son immensité.

samedi 8 novembre 2008

It is the time you have wasted for your rose...

... that makes your rose so important.

Today I've been sad.
I've done a good part of the things I had to do, but I've been sad. I've seen nobody, it does me good. Some quiet time to take care of myself, I can't refuse it. But you know, when you're alone, you think. It's great to think, but it depends on what you think about... Today I have been thinking about the past. I hate thinking about the past, but I couldn't help it, I could not throw this home-sickness away from my head. And I've been thinking about the Little Prince. I've reminded the way I had been crying when I read it last year. I've reminded the beauty of this book, the truthfulness of these words, the way everything seems so simple, is so simple. And I've been sad because though it is that simple, I'm terrified to say that I know only one person who knows what I mean. It is so difficult to be - just be and nothing else. To forget our thoughts, to forget our beliefs, our judgements.

"It is only with the heart that one can see rightly ; what is essential is invisible to the eye" said the fox.

vendredi 7 novembre 2008

Tu es intelligent

C'est l'histoire d'un lapin qui possède l'intelligence de 4000 individus. J'ai ponctionné de la matière grise, et je m'en suis greffé un peu. J'ai commencé les ourlets, tout fonctionnait à merveille. Mais quand j'ai refermé la boîte, je me suis sentie bizarre, en fait Dieu avait tout prévu et la matière grise ponctionnée et cousue à ma cervelle est programmée pour ne pas résister dans un corps étranger. Elle fond. Et se régénère dans le cerveau du lapin.
C'est alors que j'ai décidé de me greffer le cerveau entier du lapin. Idem, toute ma tête a fondu.
Puis un jour, après beaucoup de travail, j'ai entrepris de me greffer la tête entière du lapin. Et là ô, miracle, ça a fonctionné !

Je me suis donc retrouvée avec l'intelligence de 4000 individus dans ma tête. J'ai alors eu l'idée de créer d'autres individus. Ce n'est pas un problème pour moi maintenant. J'en ai créé de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes. Parmi mes meilleurs spécimens, il faut mentionner l'homme aux moignons rétractables, la femme aux cheveux absorbants, le calamar imperméable et la mouche aspirante.
Mais le plus étrange quand tu as l'intelligence de 4000 individus, c'est que tu passes pour un con parce t'es intelligent. Parce qu'évidemment, tu as pris le soin de créer des individus un peu plus bêtes que toi, mais tu pensais pas qu'ils seraient stupides au point de ne même pas comprendre que tu es comme eux ! Entre nous, même sans l'intelligence de 4000 individus, tu ne penses pas que c'est de plus en plus difficile d'admettre que tu es comme moi, que je suis comme ton pote, et que ton pote est comme mon père ? Qu'est-ce qui nous unit toi et moi ? Si ce n'est le plaisir éprouvé à la vue d'un nuage qui ressemble à une fleur, ou la tristesse ressentie quand un gentil meurt dans un film d'amour ? Les larmes qui coulent de tes yeux sont les mêmes que les miennes, même s'il m'arrive de pleurer de rire... Les mots qui sortent de ta bouche sont les mêmes que les miens, même si on ne les met pas souvent dans le même ordre... Les couleurs que tu vois sont les mêmes que les miennes, même si je n'ai pas la certitude que nous ne sommes pas daltoniens, toi ou moi... D'ailleurs comment le savoir ? On m'a appris que le bleu c'était bleu. Mais peut-être est-ce le vert qui est bleu ?

jeudi 6 novembre 2008

Tu as raison, dit le maître


Trois moines jardiniers se promènent dans le grand potager, et viennent trouver le maître.
- "Il a tué une limace, dit le premier. Il ne faut pas tuer."
- "Tu as raison", dit le maître.
- "La limace mangeait nos salades !" proteste le second.
- "Tu as raison", dit le maître.
- "Ils ne peuvent pas avoir raison tous les deux !" remarque le troisième.
- "Tu as raison", dit le maître.

mercredi 5 novembre 2008

L'âne de Nasredine

Nasredine dit un jour à son fils, alors qu’il atteignait sa douzième année :
- Demain, tu viendras avec moi au marché.
Tôt le matin, ils quittèrent la maison. Nasredine s’installa sur le dos de l’âne, son fils marchant à côté de lui. A l’entrée de la place du marché, Nasredine et son fils furent l’objet de railleries acerbes :
- Regardez-moi cet homme, il n’a aucune pitié ! Il est confortablement assis sur le dos de son âne et il laisse son jeune fils marcher à pied.
Nasredine dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras encore avec moi au marché !

Le deuxième jour, Nasredine et son fils firent le contraire de la veille : le fils monta sur le dos de l’âne et Nasredine marcha à côté de lui. A l’entrée de la place, les mêmes hommes étaient là, qui s’écrièrent
- Regardez cet enfant, il n’a aucune éducation, aucun respect envers ses parents. Il est assis tranquillement sur le dos de l’âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied !
Nasredine dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras de nouveau avec moi au marché !
Le troisième jour, Nasredine et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l’âne derrière eux, et c’est ainsi qu’ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d’eux :
- Regardez ces deux idiots, ils ont un âne et ils n’en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l’âne est fait pour porter des hommes.
Nasredine dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le quatrième jour, lorsque Nasredine et son fils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation :
- Regardez ces deux-là, ils n’ont aucune pitié pour cette pauvre bête !
Nasredine dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Demain tu viendras avec moi au marché !
Le cinquième jour, Nasredine et son fils arrivèrent au marché portant l’âne sur leurs épaules. Les hommes éclatèrent de rire :
- Regardez ces deux fous, il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l’âne au lieu de monter sur son dos.
Et Nasredine dit à son fils :
- As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.

lundi 3 novembre 2008

C'est ton anniversaire...

... et c'est aussi celui de ta mère !

Tu crois quoi ? Tu crois que ça se fête pas, l'anniversaire d'un accouchement ? J'aimerais bien t'y voir, galérer pendant des heures pour pondre un Homo sapiens sapiens tout fripé, tout bleu... et qui fait du bruit, en prime ! Donc je te prie, à l'avenir, de souhaiter l'anniversaire du travail de ta maman quand c'est le tien.

Les anniversaires c'est franchement bien : tu prends de l'âge, des rides, du bide... C'est selon. Mais surtout tout le monde t'aime d'un coup, quand c'est ton annif, t'as pas remarqué ? Tout le monde il t'envoie des messages, il te fait des cadeaux... Alors il faudra un jour qu'on m'explique, - peut-être le peux-tu, cher lecteur ? - pourquoi on donne des cadeaux à des gens quand ça fait pile poil un tour de plus que la Terre elle a fait sur elle-même depuis qu'ils sont venus au monde. C'est bien joli tout ça, mais c'est typiquement Homo sapientesque. C'est la Terre qu'il faut remercier d'avoir eu le courage d'entreprendre une nouvelle danse, seule face à elle-même, et en plus en portant toute la connerie des 6 milliards-et-des-brouettes individus qui la peuplent !

Bon, je dis tout ça mais j'aime bien quand c'est mon anniversaire quand-même. Une fois on m'a offert un super cadeau : un bout de papier avec écrit dessus que j'avais droit à un poème. Une autre fois on m'a offert à manger. Une autre fois encore, on m'a offert de la musique, ou tout ce que tu peux imaginer... Mais mon cadeau préféré, c'est le cadeau de non-anniversaire : le cadeau qu'on t'offre alors que c'est écrit nulle part qu'il y a une occasion de t'en offrir un ! Celui là c'est le plus vrai de tous les cadeaux, tu sais, pas celui que tu offres pour montrer que t'es quelqu'un de bien... (bah oui faut suivre !)
En fait si j'ai bien compris les anniversaires c'est comme le travail, ça sert à se faire passer pour quelqu'un de bien, alors que t'as tout de même vachement plus d'occasions d'offrir des cadeaux à ton pote le reste du temps que quand c'est son anniversaire... Mais non, toi comme un con tu profites du seul jour où tu sais que tout le monde aura la même idée que toi pour lui céder généreusement un ancien CD que t'écoutes plus, des fleurs fanées de la veille ou un cadre de chez Confo sorti en un petit million d'exemplaires, que t'as d'ailleurs le même au dessus de ton lit, tiens, t'avais oublié hein ?
Enfin voilà, faut pas m'en vouloir mais si un jour tu m'offres un cadeau, essaye de faire en sorte que ce soit pas le jour de mon anniversaire, ça prouvera, d'une, que t'as lu mon article, et de deux, que t'es capable de penser à moi sans que ce soit écrit sur ton agenda ;)

samedi 1 novembre 2008

La Bio attitude

Salut l'ami !
Ben ouais, la bio attitude implique forcément que tout le monde est ton ami.

C'est un phénomène assez récent, qui prend une ampleur dingue ! La Bio attitude, c'est la tendance de ces dernières années, si t'es pas écolo c'est franchement la honte.
-:- Quand tu as la Bio attitude, tu fais poser des panneaux photovoltaïques, tantôt sur ton toit, tantôt (en réalité le plus souvent) dans tes rêves quand t'as pas la thune pour le faire. Et après tu peux matter la téloche dans ton canapé en cuir Ikéa.
-:- Quand t'as la Bio attitude, tu roules avec un vélo en ville quand tu dois aller à moins de 200m de chez toi. Après tu prends ton 4x4 quand-même, parce que le temps vient à manquer de nos jours, mais comme il a la Pastille Verte tu t'en fous.
-:- Quand t'as la Bio attitude, tu vas acheter tes produits dans une coopérative biologique, et ce que t'as pas les moyens d'acheter là bas, tu vas l'acheter au discount du coin.
-:- Quand t'as la Bio attitude, et que t'as pas de coopérative biologique près de chez toi, tu achètes du chocolat au quinoa du commerce équitable à Carrouf, à la place du Côte d'Or habituel. Et tu achètes des cabas en pétrole à la caisse pour transporter tes marchandises jusqu'au parking parce que t'avais plus de pièce de 1€ dans ton porte monnaie pour prendre un caddie.
-:- Quand tu as la Bio attitude, tu achètes des vêtements Guatémaltèques ou Maliens made by children et importés par avion.
-:- Quand tu as la Bio attitude, tu bouffes du riz équitable avec une sauce chinoise à l'amidon modifié.
-:- Quand tu as la Bio attitude, tu es anti-capitaliste et tu épargnes à 4%, pour pouvoir t'acheter un 4x4 encore moins polluant l'année prochaine.
-:- Quand tu as la Bio attitude, tu es anti-matérialiste, et tu hésites le matin entre les chaussures indiennes en peau de chèvre ou les mêmes, mais cette fois africaines et en peau de buffle.
-:- Quand tu as la Bio attitude, enfin, tu ne supportes pas l'énergie nucléaire, alors tu vas à des manifs à Paris en train (parce que pour garer le 4x4 à Paname bonjour le bordel), et tu sais même pas que les trains ils roulent au plutonium.
-:- Mais quand t'as la bio attitude tu lis les Bio'Contact de ta coop alors tu sais que si les abeilles disparaissent de la Terre on va tous crever, du coup tu ne manges que du miel équitable, mais tu ne réfléchis pas deux secondes que les abeilles elles s'en foutent du commerce équitable, elles veulent juste avoir la paix.
-:- Pareil, quand t'as la Bio attitude tu manges de la viande et des oeufs bio, et tu considères volontiers que dans la bio-agriculture, les animaux sont tués avec respect. Mais ton cerveau équitable ne comprend pas que respecter un individu ce n'est pas le tuer pour le plaisir.

Bref, la Bio attitude c'est politiquement correct, donc tu peux en abuser, t'as pas l'air ringard comme ça. Au contraire t'es super branché, parce que c'est une tendance nouvelle, en adéquation avec les problèmes environnementaux actuels, que tes anciens n'ont jamais connus mais que ça les a même pas empêchés d'avoir bien plus de bon sens que toi.