vendredi 22 avril 2011

Quand les champignons se mêlent à la mauvaise foi

Hi mon pote, la pêche ?

Aujourd'hui je vais te raconter la superbe histoire de deux petits cochons d'Inde qui sont arrivés chez moi en pleine forme, et qui d'un coup d'un seul, comme ça, pouf ! Ont chopé la teigne.


En fait, je voulais des petits cochons d'Inde. Parce que je trouve ça trop mignon. Surtout quand ils font "pouiiiiiiik pouiiiiiiiiiiiik" et "rrourrourrourrou".
Alors j'ai regardé sur Seconde Chance et j'ai découvert deux petites boules de poils à même pas 2km de chez moi à adopter. En fait, je te parle d'eux juste parce qu'ils sont trop mignons, parce que je ne les ai pas adoptés (pas la place pour les séparer en cas de mésentente future, qu'il faut envisager plus systématiquement quand il s'agit de mâles que de femelles).
Du coup, je me mets en quête de deux femelles à adopter. J'appelle des gens, et puis une copine bénévole en Normandie me parle d'un élevage qui se sépare de plein de chonchons pour cause de "réduction d'effectifs".
Me voilà donc en train de contacter l'éleveuse, qui rapidement m'envoie vers un site internet où sont recensés tous les chons dont elle se sépare. Déjà, je suis perplexe de voir en page d'accueil "élevage amateur de cochons d'Inde" quand plus de 100 animaux sont proposés.

Bon, je décide d'aller creuser un peu le truc, et de lui réserver deux petiotes. Elle me demande un accompte via paypal pour réserver officiellement les filles, ce que je lui règle rapidement. Puis nous fixons rendez-vous près de chez moi, car elle m'amène les chons.

Nous échangeons quelques mails, sans qu'une seule fois elle ne s'inquiète de la façon dont j'allais soigner les petiotes, ne mentionne pas une seule fois l'apport indispensable en vitamine C pour les chonchons... Puis le jour J est arrivé et l'éleveuse m'appelle aux environs de 16h30 pour me dire qu'elle se trouve sur une voie d'insertion au bord d'une voie rapide et qu'elle m'y attend. Youpi.
Je me rends là bas, et là la dame ouvre son coffre et me demande : "vous les reconnaissez ?"
J'ai à peine eu le temps de lui dire "oui" et de prendre ma boîte de transport dans ma voiture que je la vois, derrière moi, avec les deux cochons d'inde, un dans chaque main, prête à me les poser dans la boîte à 2m de voitures lancées à 110km/h.
Je le sentais déjà moyen, quand elle m'a donné rendez-vous au bord de la route, mais inconsciente à ce point, ça ferait un super cas pour des thérapeutes. Du coup, tu te doutes que je n'ai même pas eu envie de lui dire deux mots de plus, je lui ai filé son bif et je suis partie illico.

Le truc, - et c'est là que l'histoire marrante commence, - c'est que dans la voiture, j'ai remarqué qu'une des chonnes présentait une petite lésion près d'un œil. Je ne trouve pas ça rassurant du tout, et prévois de prendre rendez-vous chez le vétérinaire, quand le lendemain, je constate que la deuxième fifille a aussi une lésion, mais dans l'oreille. On est dimanche. Bah, on est dimanche ! Alors qu'est-ce que je fais pour patienter ? Je prépare un seau d'eau javellisée, et je me colle à la serpillère, au nettoyeur vapeur et autres produits désinfectants du linge...

Lundi à 8h58, j'appelle la clinique et parviens à prendre rendez-vous dans la journée, 17h30.
Le diagnostic est évident : teigne (avec découvertes de nombreuses autres lésions que je n'avais pas vues car pas cherché à les voir, les puces étaient déjà assez stressées comme ça pour qu'en plus je m'amuse à les manipuler à l'endroit et à l'envers), et des poux insoupçonnés. On me prescrit donc un traitement (relativement lourd) à administrer aux mémères (qui ont 1 mois et demi).

Puis, le temps passe, j'applique deux fois le traitement prescrit mais si une des puces me rassure en guérissant super bien, l'autre en revanche présente des lésions de plus en plus moches, purulentes, sanguinolentes et croûteuses. Mmmm...

Je prends donc à nouveau rendez-vous ce matin chez le véto, qui alourdit le traitement, voyant que la teigne se fout clairement de la tronche des précautions qu'elle a voulu prendre en ne prescrivant qu'une petite application locale de temps en temps à cause du jeune âge des pépettes... Donc là, on la joue radical, c'est du lourd.
Je ne te mentionne pas le prix des deux consultations, c'est bien plus que ce que j'aurais mis dans un cadeau d'anniversaire pour mon papa pour la fête des pères, tu vois. Ça fout les boules, quand même.

Voyant tout ça, tu te doutes bien que j'ai contacté l'éleveuse pour la prévenir. Poliment, courtoisement, tout ça. Et ben devine quoi (j'te le donne en mille, même ma véto a deviné) : c'est pas de sa faute !!!
Bah non, figure-toi que les micro-organismes, microbes et autres champignons sont naturellement présents sur notre peau, et que les maladies sont déclenchées par le stress... Et figure-toi aussi que mon jeune âge me joue des tours, et que je ferais bien de la fermer avant d'accuser les gens à tort (qu'au passage, on écrit avec un T, et non pas comme tu l'as fait avec un D, même si cette orthographe relate assez bien ce que j'ai envie de faire à ton cou, sale "éleveuse").

Donc pour résumer, selon elle, les autres animaux de son élevage ne présentent aucune lésion cutanée, elle n'a décelé aucun poux, juste "une puce ou deux", et elle n'a détecté aucun signe de teigne. Mon véto est bien trop alarmiste, et moi complètement conne malgré que je sois assistante véto, donc j'ai qu'à fermer ma gueule.
C'est sans doute pour ça que j'ai pu observer au microscope un magnifique poux en pleine digestion, prélevé une minute plus tôt sur ma chonne... Et c'est aussi sans doute pour ça que les deux pupuces présentent des lésions cutanées de plus d'1cm de diamètre, au nombre de 15 (j'imagine que c'est non exhaustif) à elles deux... Comme ça, pouf, le stress on t'a dit !

J'te raconterai la suite bientôt. Sinon je risque de dire des choses que les enfants doivent pas lire.

lundi 11 avril 2011

Des p'tits chats, des p'tits chats, toujours des p'tits chats

Hello l'ami,
Aujourd'hui, c'est de bien sale poil que me revoilà. J'en ai ma claque des irresponsables, c'est pas nouveau mais quand même.

Oh le joli p'tit chat ! Je le veux !

Je vais te raconter l'histoire d'une fille (appelons-la Mlle L.) qui un jour a décidé d'adopter (même si c'est un bien grand mot) un petit chat. "Oh, quelle bonne idée !" me dis-je quand elle m'a appris la nouvelle, "tu l'as choisi dans un refuge ?"
Et bien non, elle avait une amie qui, responsable comme les trois quarts des gens de cette planète, avait une chatte non stérilisée et qui avait eu des petits. Mlle L. a donc décidé de prendre un petit mâle de la portée. Admettons.

Tu me connais, comme je voyais Mlle L. assez souvent, je lui en parlais, de son petit chat. "Comment tu vas l'appeler ? Tu comptes lui donner quoi à manger ? Fais la stériliser si c'est une femelle", etc. Je me suis pris le bec plusieurs fois avec Mlle L. parce qu'elle me disait qu'elle comptait lui donner des croquettes à 49 centimes à manger, et que les vaccins, pour elle, c'était inutile, quant au vermifuge... Elle ne savait même pas ce que c'était ! Je te passe les détails concernant le tatouage ou la puce électronique... Et aussi au sujet de la stérilisation, parce que pour Mlle L., les femelles c'est chiant parce qu'il faut leur donner la pilule, donc elle préfère prendre un petit mâle.

Donc bon, je me suis un peu fâchée, voyant quand même que Mlle L. était prête à tout (et surtout au pire) avec son chat (t'imagines le cocktail : une chatte qui prend la pilule, qui mange de la merde en croquettes, qui n'est ni identifiée, ni vermifugée, ni vaccinée et qui sort dehors... Espérance de vie 4 ans au mieux).
Et puis la coïncidence a fait qu'un jour, en présence de Mlle L., je me suis retrouvée à embarquer une minette supposée errante (je dis supposée parce qu'en fait ladite minette appartenait à quelqu'un, merci la puce électronique !) chez le vétérinaire pour la faire tester FIV et FeLV avant de l'amener chez moi, où déjà 2 chats vivaient paisiblement. Inutile de préciser que le test FIV-FeLV était pour Mlle L. une curiosité aussi inutile qu'onéreuse que jamais elle n'aurait pu avoir l'idée de faire faire à un chat.

Et puis, un jour, Mlle L. m'annonce que son chat est arrivé ! Sans l'ombre d'un doute, tu t'imagines bien que j'ai encore fait ma relou, et que je me suis remise à la questionner ("il a quel âge ? Tout juste deux mois !? Mais c'est trop jeune ! Ah tu t'en fous, ok, ben viens pas me demander conseil quand tu verras dans 6 mois que ton chat à des comportements complusifs agressifs ou qu'il devient obèse, hein"), à la tanner pour qu'elle achète des croquettes dignes de ce nom à son chat, qu'elle évite les boîtes, qu'elle le fasse vacciner et tout le toutim. Ce jour là, je crois que si j'avais pissé dans un violon, ça aurait sûrement abouti à quelque chose de plus intéressant.

Le temps passait, et Mlle L. me racontait régulièrement des petites histoires sur son chat, elle semblait attendrie de le voir faire ci et ça. J'avais fini par garder pour moi les réflexions que je pouvais me faire, et avais opté pour l'option Je-Trimbale-Un-Violon, que je trouvais désormais plus efficace.

Et aujourd'hui, quelle ne fut pas ma surprise !!!! Accroche-toi bien, l'ami. J'ai découvert aujourd'hui, en me baladant sur cette merveille qu'est la toile, que le chat de Mlle L. était en fait... une chatte !!! Et preuve en image en prime, une superbe photo du chat en question, avec une floppée de minimum 4 chatons lui mordillant allègrement les tétines. Comment veux-tu que je reste calme ???

Alors je suis désolée, c'est encore sur toi que ça va tomber, mais j'en ai plein le derche des irresponsables de ce genre, plein le fion des chats qui se transforment en chattes (on va me faire croire que c'est les OGM peut-être !), plein le fondement de tous ces humains complètement cons qui ne prennent même pas la peine de sexer correctement les petits dont la venue sur Terre est de leur seule faute, et qui perpétuent la prolifération de ces petites boules de poils innocentes qui finiront, elles aussi, noyées, balancées contre un mur, données sur le marché, mal nourries ou rapidement pleines d'une autre portée dont on ne saura encore que faire. Ben oui, parce qu'il ne faut pas se leurrer, si tu crois que ça va servir de leçon à Mlle L. et qu'elle va stériliser sa minette... Tiens, je te prête mon violon !