lundi 28 novembre 2011

La logique du circuit

Hello guys,

What's up ?
De mon côté, tu t'en doutes, il se passe encore des choses merveilleuses. Je m'en vais te raconter la fabuleuse histoire des coureurs, des gens qui courent le dimanche sur les routes, et qui t'emmerdent profondément.


Attention, je n'ai strictement rien contre les gens qui courent. Moi-même ça m'arrive, c'est pour te dire ! Mais là je suis tombée sur du lourd, hier matin.
Je me rendais tranquillement en visite pour soigner un chat que j'avais en garde. Je sors de chez moi, et au bout de la rue arrivée, des gens de jaune vêtus j'ai vu. Ils m'ont indiqué que je devais tourner à gauche ; je me suis demandée comment ils connaissaient ma destination, mais cela pour moi j'ai su garder, et mon chemin j'ai continué.

Je m'occupe de cette charmante minette très bavarde, à une dizaine de kilomètres de mon domicile. Ma foi, elle allait très bien et je ne demandais pas mieux. Puis le temps pour moi est venu de rentrer : j'ai donc pris le volant en direction de mon domicile. Ou plutôt devrais-je dire, de ce qui était mon domicile, et qui n'était plus, l'espace de plusieurs heures, qu'un périmètre pour coureurs.
Près de chez moi je suis arrivée, et, joyeusement, à de belles barrières j'ai dû faire face. J'ai attendu, cinq, dix... quinze minutes, en regardant les gens de jaune vêtus me regarder, puis j'ai décidé de faire demi tour : mon super GPS va bien me trouver un itinéraire salvateur pour chez moi me ramener.
Effectivement, il a été infaillible : j'arrive donc par je ne sais trop où dans une rue voisine de la mienne, qui arborait une magnifique banderole d'information au sujet d'une course de coureurs... J'ai respiré un grand coup, ai fait demi tour et ai improvisé un chemin pour dire à mon GPS de me recalculer un nouvel itinéraire... ce qu'il fît, bien entendu (vu qu'il est infaillible).

Et quelle ne fut pas ma joie quand je vis, au loin, en face de moi, une troisième magnifique barrière entourée de gens de jaune vêtus, et derrière laquelle défilaient des centaines de coureurs ! Et soudain, un homme de jaune vêtu est venu en courant vers moi, à mon secours me suis-je dit. Penses-tu...

"Ah ben là vous en avez jusqu'à midi..."
"Bonjour"
"Ouais parce que là ça va défiler encore un moment"
"Mais rassurez-moi, je peux rentrer chez moi ?"
"Ah ben non"
"Ah, c'est original... Et vous me proposez quoi, alors ?"
"Ah ben... je sais pas"
"Comment ça, vous ne savez pas ? Comment je fais pour rentrer chez moi ?"
"Ah ben, vous faites pas."
"Vous plaisantez ?"
"Ah ben non, c'est à vous de prendre vos dispositions, vous voyez bien, y'a la course"
"Oui, ça j'ai vu, merci. Mais ce que je vois surtout, c'est que je ne peux pas rentrer chez moi, et que j'ai du travail, et que je ne peux pas dire à mes clients que je ne peux pas m'occuper de leur chat sous prétexte que des coureurs squattent mon quartier, voyez ?"
"Ah ben oui mais on ne peut pas mettre la vie des coureurs en danger, vous comprenez bien..."
"Oui, je comprends parfaitement. Mais vous, vous ne comprenez pas que vous bloquez des centaines d'habitants avec votre course, et que de fait, on reste coincés chez nous, quand ce n'est pas en dehors ? Vous ne pouvez pas prévoir dans votre circuit une solution pour les riverains ?"
"Ah ben... j'y suis pour rien moi, c'est la logique du circuit..."

Ben tu parles d'une logique... En résumé, quand y'a courses de coureurs, soit je me gare à 5km de chez moi (vu que j'habite dans un coin où y'a plein de chemins, j'suis pile à l'épicentre des festivités), soit je dis à mes clients "désolée madame, mais votre chat là il va mourir, parce que 2089 gugus en short et 18 barrières m'empêchent de sortir de chez moi".